Microsoft peut résoudre le problème des ransomwares demain

Le ransomware, l’un des fléaux les plus perturbateurs de la cybersécurité, est une menace croissante pour les individus, les entreprises et même les gouvernements. La capacité de ces attaques à causer des dommages a considérablement augmenté ces dernières années. Cependant, une solution à cet épineux problème pourrait provenir d’une source inattendue – l’une des plus grandes entreprises technologiques du monde : Microsoft.

Les ransomwares opèrent en parcourant les fichiers un par un, remplaçant leur contenu par une version cryptée. Ce processus est généralement effectué à l’aide d’une interface de programmation d’application (API) appelée “CreateFile”, qui est la méthode principale d’accès aux fichiers dans l’écosystème Windows. Il a été suggéré que si l’on limitait la fréquence d’utilisation de cette API par un programme donné, cela pourrait ralentir considérablement le processus d’attaque des ransomwares.

Cependant, la question cruciale est de savoir à quelle fréquence l’utilisation de l’API “CreateFile” devrait être limitée. Si le taux est trop bas, cela pourrait entraver le fonctionnement des applications ; si le taux est trop élevé, l’efficacité de la mesure de protection pourrait être compromise. Par exemple, un taux d’un fichier ouvert par seconde pourrait être acceptable pour de nombreux cas, mais cela pourrait poser problème pour des applications comme les compilateurs qui ouvrent un grand nombre de fichiers rapidement.

Il est également important de noter que, bien que cette suggestion puisse sembler simple et élégante en surface, sa mise en œuvre pourrait s’avérer beaucoup plus complexe. Il est probable qu’il y aura des difficultés pratiques et des préoccupations quant aux effets imprévus d’une telle mesure. Par exemple, Windows devrait probablement avoir plusieurs limites de taux pour gérer différents types d’applications. Il pourrait être nécessaire d’émettre des exceptions pour certains programmes, tels que les outils de sauvegarde et les compilateurs.

En fait, il existe un précédent de Microsoft mettant en œuvre des mesures similaires. Par exemple, en 2003, en réponse au “summer of worms”, Microsoft a activé par défaut le pare-feu de Windows, une modification qui a entraîné un changement dans le paysage des attaques, passant de l’exploitation de logiciels qui écoutent sur des ports ouverts à d’autres types de problèmes.

Malgré les défis, l’instauration de limites sur l’utilisation de l’API “CreateFile” est une piste intéressante pour lutter contre les ransomwares. Même s’il faut tenir compte de nombreuses variables et qu’il est difficile de prévoir toutes les conséquences potentielles, l’urgence de la situation justifie une exploration sérieuse de toutes les options disponibles.

En conclusion, la proposition de mettre en œuvre des limites d’utilisation de l’API “CreateFile” mérite une attention sérieuse. Bien que la mise en œuvre pratique de cette proposition puisse s’avérer complexe, le coût et l’impact dévastateur des attaques de ransomware sur notre monde numérique justifient une exploration sérieuse de toutes les options disponibles pour atténuer ce fléau.

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