Les dernières cyber-attaques visant l’Etat français

Les dernières cyber-attaques visant l’Etat français : REX et enseignements

Introduction

Entre le 10 et le 11 mars, l’État français a fait face à une série d’attaques informatiques d’une intensité sans précédent. Elle a touché plusieurs ministères et services gouvernementaux.

La plupart des services ont été rétablis, mais l’accès à certains sites restait impossible le lundi 11 mars dans l’après-midi.

Les récentes cyberattaques visant les institutions gouvernementales françaises ont mis en lumière les défis persistants en matière de sécurité informatique. Analysons ensemble leurs impacts ainsi que les leçons à en tirer pour renforcer la résilience numérique de la France.

Que s’est-il passé ?

Selon les informations fournies par Matignon, Entre le 10 et le 11 Mars 2024, plus de 200 sites internet, y compris 30 de l’état comme ceux des ministères de la Justice, de la Culture, et du Trésor, ont été visés. D’autres sites d’entreprises françaises ont été touchées. Notamment dans le secteur de la finance ou encore de la gestion de patrimoine. Les modalités techniques de ces attaques sont décrites comme étant classiques, mais leur ampleur a été qualifiée d’inédite.

La plupart des services ont été rétablis, mais l’accès à certains sites restait impossible le lundi 11 mars dans l’après-midi. Depuis, tous les sites ont été remis en place.

Les revendications et les méthodes utilisées

Les cyberattaques ont été revendiquées par plusieurs groupes de hackers via telegram, dont Anonymous Sudan. Ce dernier a affirmé être derrière cette vague d’attaques.

Les attaques ont été menées par “déni de service”. Le DDoS est une méthode qui consiste à faire tomber en panne un service en le submergeant de requêtes. En 2023, les sites de l’Assemblée nationale et du Sénat avaient temporairement été bloqués par des attaques similaires envoyées d’un collectif de hackers pro-russe, baptisé NoName, et qui critiquait le soutien de la France à l’Ukraine.

Source : https://arnaquesetpiratages.wordpress.com/attaques-par-deni-de-service/

Les attaques ont eu un impact tangible sur le fonctionnement des services gouvernementaux. En perturbant notamment l’accès à Tchap, la messagerie instantanée de la fonction publique (utilisée par plus de 400 000 agents publics) et à d’autres plateformes essentielles.

Bien que les données n’aient pas été volées, les attaquants ont cherché à nuire en ralentissant l’activité des sites visés, mettant en lumière les failles de sécurité dans le cyberespace français.

Que faire en cas d’attaque par dénis de services sur un serveur de mon entreprise ?

EN cas d’attaque par Déni de services l’Angence nationale de la sécurité des systèmes d’informations recommande les points suivants :

  • Prendre prendre contact avec votre hébergeur pour qu’il identifie l’élément défaillant, le ou les protocoles utilisé(s) et les sources d’attaque et bloque les adresses IP source identifiées comme étant à l’origine de l’attaque
  • Si cela est possible, récupérer les fichiers de journalisation de votre pare-feu et des serveurs touchés
  • Réaliser une copie complète de la machine attaquée et de sa mémoire
  • Ne pas payer la rançon réclamée, le cas échéant
  • Faire appel à un professionnel référencé sur cybermalveillance.gouv.fr pour la remise en production et la sécurisation des systèmes d’information touchés
  • Lorsque l’attaque est terminée, procéder à un contrôle global du système d’information pour s’assurer que des données sensibles n’ont pas été dérobées.
  • Notifier cette attaque à la CNIL s’il y a eu une violation de données à caractère personnel.

Il est important de déposer plainte suite à une cyber-attaque :

Les articles 323-1 à 323-7 du Code pénal prévoient une sanction en cas d’entrave à un système de traitement automatisé des données (STAD). Il est donc important de déposer plainte au commissariat de police ou à la gendarmerie proche de chez vous. Pour cela, vous aurez besoin de tous les éléments techniques décrivant l’attaque.

Finalement, quelles sont les solutions pour éviter une compromission d’un serveur attaqué par déni de services ?

Pour éviter une compromission d’un serveur attaqué par déni de services (DDoS), plusieurs mesures peuvent être prises pour renforcer la résilience du système :

  • Comprendre le profil normal de votre trafic est essentiel pour identifier rapidement les anomalies indicatives d’une attaque. La surveillance régulière et l’analyse des tendances du trafic peuvent révéler des modèles d’activité suspects, permettant une intervention rapide pour atténuer l’attaque.
  • Surveillance proactive du trafic réseau : Une surveillance continue du trafic réseau peut aider à détecter les signes précurseurs d’une attaque DDoS et à prendre des mesures préventives avant que l’attaque ne paralyse complètement le serveur.
  • Utilisation de services de protection DDoS : Les services spécialisés dans la protection contre les attaques DDoS peuvent aider à filtrer le trafic malveillant avant qu’il n’atteigne le serveur, en redirigeant le trafic vers des serveurs de secours ou en utilisant des techniques de mitigation avancées.
  • Répartition de la charge (load balancing)
  • En répartissant la charge entre plusieurs serveurs, il est possible de réduire l’impact des attaques DDoS. Cela se fait en distribuant le trafic malveillant sur plusieurs infrastructures.

En conclusion

Les récentes attaques contre l’État français mettent en lumière l’importance cruciale d’une cybersécurité renforcée. Pour contrer ces menaces, il est nécessaire de mettre en place des mesures de sécurité adaptées. Il est également nécessaire de mettre en place des plans de continuité et de collaborer étroitement avec les autorités.

Les attaques informatiques peuvent entraîner des coûts considérables pour les entreprises. C’est pour cela que la culture en cyber-sécurité est si importante !

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Luc MARTIN
Luc MARTIN
Luc Martin occupe une position au sein de notre équipe de rédaction en tant que chef de projet en cybersécurité. En tant que chef de projet, il a a dirigé la mise en œuvre de solutions de gouvernance de nombreuses entreprises, garantissant ainsi la bonne gestion de leur système de management de la sécurité.

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