Éthique dans les biotechnologies : l’UNESCO veut cadrer

L’Unesco prévoit de lancer un dialogue international sur l’éthique des neurotechnologies dans le mois à venir. L’objectif est de mettre en place un cadre normatif pour prévenir l’exploitation des données cérébrales, la manipulation des esprits et la modification des capacités humaines. L’Unesco estime que ces technologies pourraient menacer les droits humains et les libertés fondamentales. La directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay, a proposé cette initiative qui a été approuvée par le Conseil exécutif de l’organisation. Les discussions pour élaborer ce cadre éthique commenceront le 13 juillet 2023 et réuniront des décideurs publics, des ONG, des universitaires, des chercheurs et des représentants du secteur privé du monde entier. L’objectif ultime est que les 193 États membres s’engagent juridiquement à respecter les règles définies dans ce cadre.

Le domaine des neurotechnologies, qui associe les neurosciences, l’informatique et la technologie, est considéré par l’Unesco comme nécessitant une régulation similaire à celle du génome humain, des données génétiques humaines et de l’intelligence artificielle. Ces technologies offrent des solutions révolutionnaires en santé mentale, notamment avec les interfaces neuronales qui peuvent traiter des maladies telles que l’épilepsie, Alzheimer, Parkinson et les problèmes de moelle épinière. Des chercheurs ont déjà permis à un homme paralysé de remarcher grâce à un implant intracrânien. Des accessoires détectant l’activité cérébrale et contrôlée par la pensée sont également en développement.

Cependant, l’utilisation de ces innovations soulève des inquiétudes en raison de la possibilité d’exploitation ou de manipulation des données cérébrales. Les technologies neurologiques développées dans les laboratoires de recherche et les entreprises privées peuvent être utilisées à des fins médicales ou non médicales, ce qui soulève des questions éthiques. Les données neuronales, générées inconsciemment et donc sans consentement, pourraient être exploitées. De plus, l’implantation d’interfaces cerveau-ordinateur chez des enfants ou des adolescents en plein développement neurologique est préoccupante, car cela pourrait façonner leur identité future de manière durable.

L’Unesco souhaite par ailleurs empêcher une situation avec laquelle des personnes en bonne santé pourraient payer pour augmenter les capacités de leur cerveau, sauvegarder leurs souvenirs ou recevoir des informations directement dans leur esprit. L’organisation met en garde contre la création d’une nouvelle génération d'”êtres surhumains” qui accentuerait les inégalités en matière d’éducation, de compétences, de richesses et d’opportunités. Elle alerte sur le fait que 50 % des entreprises de neurotechnologie se trouvent aux États-Unis et 35 % en Europe et au Royaume-Uni.

https://www.usine-digitale.fr/article/l-unesco-veut-un-cadre-ethique-international-pour-reguler-les-neurotechnologies.N2142037

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